• Kosovo : Poutine menace l'Occident 

    Alain Barluet (avec AFP)
    23/02/2008 | Mise à jour : 11:09 |
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    Les États-Unis ont décidé vendredi d'évacuer leur ambassade à Belgrade après les émeutes anti-occidentales survenues la veille dans la capitale serbe.

    Vladimir Poutine a haussé le ton envers l'Occident. Le président russe a qualifié d'«inconséquents» les pays occidentaux qui ont reconnu l'indépendance du Kosovo. «Le précédent du Kosovo est horrible et va faire voler en éclats tout le système existant des relations internationales. C'est un boomerang qui va un jour leur revenir dans la gueule », a menacé Poutine. Dimitri Rogozine, le représentant russe à l'Otan, a déclaré vendredi que Moscou se réservait le droit d'«utiliser la force» si l'Alliance ou l'Union européenne «défient» l'ONU à propos de l'ex-province serbe. «Si aujourd'hui l'Union européenne adopte une position unie (sur la reconnaissance du Kosovo, NDLR) ou si l'Otan dépasse son mandat au Kosovo, nous allons alors, nous aussi, partir du fait que nous devons utiliser une force brutale qu'on appelle une force armée, pour qu'on nous respecte.» Selon le porte-parole de la diplomatie russe, Mikhaïl Kamynine, la Russie a «regretté» les violences survenues jeudi soir à Belgrade contre les ambassades occidentales, mais en renvoie la responsabilité aux pays ayant reconnu «unilatéralement» l'indépendance du Kosovo, proclamée dimanche dernier.

    La Commission européenne a réagi à ces déclarations en soulignant que de tels propos «ne rendent certainement pas service dans la situation présente ». L'UE a également appelé la Serbie à mieux assurer la protection des ambassades, au lendemain des violences survenues à Belgrade. Jeudi soir, à la fin de la manifestation contre la sécession du Kosovo, des émeutiers serbes ont en effet saccagé l'ambassade des États-Unis et y ont mis le feu, faisant un mort et 118 blessés. Les États-Unis ont réagi en décidant l'évacuation du personnel de soutien et des familles de diplomates. L'ambassadeur ainsi qu'un nombre restreint de collaborateurs resteront néanmoins à Belgrade. Quant à la mission diplomatique, elle rouvrira ses portes mardi après avoir été réparée.

    Effet domino

    Selon Washington, la Russie se montre «peu coopérative» pour faire toute la lumière sur ces violences. Le président serbe, Boris Tadic, les a condamnées et a convoqué une réunion du Conseil de sécurité nationale, sans excès de zèle. «Ils (les Serbes de Belgrade) ne sont pas au Kosovo, ils ne font rien pour aider les Kosovars», a déclaré le numéro trois du département d'État, Nicholas Burns. Selon lui, toutefois, les divergences avec la Serbie et la Russie ne devraient pas dégénérer. «Je ne pense pas que cela mène à un quelconque conflit armé. Absolument pas , a-t-il assuré. L'armée serbe est confinée dans ses casernes, et le spectacle qui se déroule au Kosovo est largement symbolique.»

    Parfois évoqué par les analystes, un effet domino de la sécession du Kosovo a trouvé un premier écho. Le Parlement de la Republika Srpska (RS) a décidé jeudi soir que cette entité serbe bosniaque avait «le droit» de faire sécession de la Bosnie, si l'ONU et une majorité des pays de l'Union européenne reconnaissaient l'indépendance du Kosovo.

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